Par l'équipe de Ségolène Royal

Royal_Harvard

Dans son édition du 27 décembre 2009, le Parisien Dimanche publie une longue interview d’Alain Minc dans laquelle ce dernier affirme que «Ségolène Royal est incapable de gouverner » et, la comparant à Nicolas Sarkozy, qui, lui, serait du niveau «d’un séminaire de doctorant d’Harvard, elle serait en apprentissage à Niort ».
Outre la gravité d’une telle accusation sur la compétence à gouverner, portée à l’égard d’une des personnalités les plus capées du Parti Socialiste aujourd’hui (Députée durant 20 ans , Ministre à trois reprises, Présidente de Région, finaliste d’une élection présidentielle totalisant 17 millions de voix… ), l’outrecuidance d’Alain Minc et son aveuglement appellent une réponse cinglante de l’équipe de Ségolène Royal que vous lirez ci-dessous.
Ségolène Royal demande aujourd’hui un droit de réponse au Parisien Dimanche et se réserve le droit de poursuivre devant les tribunaux toute insulte publique ou propos à caractère diffamatoire.

Pour nous, équipe de Ségolène Royal,  il n’est plus question de laisser passer quelque insulte que ce soit. Non seulement, elles sont injustifiables mais elles avilissent le débat public.

Bonne lecture à tous et bonne année à Monsieur Minc.

Qu’il la mette à profit pour faire un petit bilan de compétences.   

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Alain Minc , l’incompétence du «  compétent »

Non, décidément, Alain Minc ne nous surprendra  jamais.

Depuis tant d’années qu’il professe sur toutes les chaines de télé, dans tous les journaux, qu’il assène doctement ses vérités, depuis tant d’années qu’il murmure à l’oreille des financiers du Cac 40,  depuis tant d’années qu’il fait antichambre, patiemment, poliment, pour prodiguer ses conseils à qui veut les entendre,  depuis tant et tant d’années, et bien on a fini par  s’habituer. Il est là, Monsieur Minc, posé comme un guéridon, à l’entrée des allées de tous les pouvoirs. Un meuble un peu clinquant, un peu toc. Pas terrible mais on s’y habitue, pour poser ses clés ou son portable.

Il est là, Monsieur Minc, fidèle au poste, comme une concierge de luxe qu’on s’offre quelques heures par mois pour entendre les derniers bruits du village parisien.
Car il fut une époque où les conseils d’Alain Minc était recherchés, où son brillant esprit était unanimement loué , comme ses analyses pertinentes . Mais tout se fane et même les titres de major de l’ENA s’usent relativement à l’épreuve des faits. Quelques années et quelques mauvais conseils financiers plus tard, l’astre Minc a faibli même s’il parvient encore à faire  l’illusion.

On ne sait d’ailleurs pas  qui est le plus à plaindre dans cette histoire : lui qui commence à tourner comme un vieux 45t usé  ?  Ou ceux qui continuent  de l’écouter ?

Mais qu’importe, Alain Minc SAIT . Qu’on se le dise. Il sait tout sur tout.   Il est même pétri d’un humour ravageur. Comme sa dernière saillie, digne de la meilleure école du rire.
Comparant  Nicolas Sarkozy à  un doctorant dans un séminaire d’Harvard. Notons la sympathie de la métaphore pour le Chef de l’Etat, dont il est l’un des conseillers officieux.

Premier point important. Le Président aurait donc à peine un niveau de doctorant ?  C’est assez faible pour diriger un Etat, convenons en. Certains ont été débarqués de l’Elysée pour moins que cela. Alain Minc devrait se méfier.

Et  pendant ce temps, Ségolène Royal serait, elle , dans un centre d’apprentissage à Niort ?

L’un n’étant pas incompatible avec l’autre. En Février 2008, justement, Ségolène Royal était à Harvard, donnant une conférence en anglais à la célèbre Kennedy  School devant un millier d’étudiants enchantés. Nous n’avons pas le souvenir que Nicolas Sarkozy ait accepté l’invitation, pourtant lancée  par  l’Université d’Harvard,  de venir s’exprimer en anglais devant des étudiants particulièrement brillants. Problème d’agenda ? De traduction ? Qui sait…..

Mais qu’importe !

Harvard et Niort ne sont donc pas incompatibles comme le démontre Ségolène Royal.

Au-delà du léger fumet sexiste qu’il nous semble détecter dans cette  comparaison hasardeuse,  et inamicale à l’égard d’une ancienne condisciple de l’ENA et de Sciences Po,  on ne saurait trop conseiller à Monsieur Minc de retourner en apprentissage.

D’abord pour y apprendre la vraie vie.  Depuis les lustres qu’il pantoufle, sait il encore à quoi ressemble ce pays et comment vivent des millions de ses concitoyens dont on oublie très vite, il est vrai,  l’existence lorsqu’on s’enferme  dans un  périmètre qui va de l’Elysée au Boulevard St-Germain en passant par quelques bons restaurants du 16ème arrondissement.

Ensuite pour y apprendre les bonnes manières.

Quand on a été condamné  pour plagiat littéraire, qu’on est sorti par la petite porte du grand quotidien Le Monde, qu’on provoque une défiance quasiment unanime de la part des décideurs actuels, on évite de donner quelque leçon que ce soit à qui que ce soit. Nous n’aurons pas la cruauté de rappeler à Monsieur Minc qu’un certain nombre de ses conseils à des grandes entreprises se sont soldés par des échecs cuisants. Rappelons lui tout de même qu’en terme de réussite, Ségolène Royal peut se vanter, elle, de sauver des emplois dans sa Région, notamment en participant à la reprise de l’entreprise Heuliez.

Qui est compétent ? Monsieur Minc ? Ou Madame Royal ? Poser la question , c’est déjà y répondre.
Fort heureusement pour nous tous , Alain Minc se trompe très souvent.

Qu’il s’agisse de son tropisme balladurien en 1995, de son rôle de patron de presse ,de ses conseils économiques hasardeux, voire désastreux pour reprendre l’expression de certains de ses anciens amis, qu’il s’agisse de ses amitiés élyséennes qui tourneront comme le vent fait tourner les girouette, ou de ses analyses qui sont à la pensée politique ce que le mousseux est au champagne, l’incompétence du compétent Monsieur Minc ne devrait pas manquer particulièrement à Ségolène Royal pour poursuivre son chemin politique.

C’est d’ailleurs une excellente nouvelle : Alain Minc ne la soutient pas. Ouf !